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En novembre 2007, une petite bombe a explosé : pour la première fois, des biologistes japonais sont parvenus à créer, à partir de la peau, des cellules souches embryonnaires « artificielles », sans utiliser d’embryon ! Un véritable exploit, dont le secret tient à une ingénieuse manipulation : des cellules de peau, de sang, voire d’un bulbe de cheveu, ont été littéralement « reprogrammées » afin de recouvrer les caractéristiques propres aux cellules souches embryonnaires. Baptisées cellules souches pluripotentes induites (iPS, pour Induced Pluripotent Stem) par leur inventeur, [...], ces ersatz de cellules ES* font souffler un vent nouveau. Et plutôt deux fois qu’une ! D’une part, comme elles sont « induites », ces cellules iPS peuvent être fabriquées à la demande ; d’autre part, elles s’annoncent si prometteuses qu’elles pourraient bien repousser les limites auxquelles ont été confrontées les cellules souches embryonnaires jusqu’à présent. Au point de clore le débat au sujet des « ES » en les faisant tomber dans l’oubli ? Concrètement, la grande force des cellules souches induites tient à leur origine « éthiquement correcte ». Tandis que les cellules ES opposent ceux qui considèrent l’embryon comme un être en devenir à ceux qui y voient un simple amas de cellules, les « iPS » sont obtenues à partir d’une simple biopsie ou d’une prise de sang. Du coup, elles échappent à la controverse. « Au Japon, la recherche sur les cellules ES est autorisée, mais il faut des mois pour obtenir les autorisations nécessaires, raconte Tetsuya Ishii, collaborateur du « père » des cellules souches induites. Comme la technique pour établir des cellules iPS est assez simple et ne requiert pas d’équipement spécial, c’est une chance qui s’offre à tous les spécialistes à travers le monde… » Et bien sûr, à tous les patients. Car ces succédanés de cellules souches embryonnaires portent des espoirs inédits.
Texte extrait d’un article publié dans le Magazine Science & Vie, avril 2009
*ES pour Embryonic stem